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STÉPHANIE GUGLIELMETTI

ESSAIM N°6

ASSEMBLAGE : ESPACE + LUMIERE + COMPOSANTS HORLOGERS MOBILES (aiguilles brutes nouées le long de fils suspendus dans une ceinture plexi transparente)

 
dimension: 
25 cm x 25 cm x 6 cm

type:

composition / technique: 
aiguilles brutes, fils nylon & Plexiglas
prix: 
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Comme Calder, Stéphanie Guglielmetti choisit le mouvement naturel au détriment du mécanique, le souffle plutôt que le moteur et préfère laisser place au hasard, à l’influence accidentelle des masses d’air...

 

 

 

STÉPHANIE GUGLIELMETTI

 

Il y eut une époque durant laquelle nombreux, et Isaac Newton en particulier, faisaient de Dieu un horloger dont le grand œuvre consistait en un mécanisme savant de rouages imbriqués et autres mobiles dentelés dans lequel soleil, planètes et comètes procédaient de la puissance et de l’intelligence du « maître au-dessus de tout ». Quelques siècles plus tard, le futurisme et les premières sculptures cinétiques rejettent la tradition esthétique et introduisent le mouvement dans l’histoire de l’art. Nous y sommes !

Jeune diplômée de Penninghen (1994), Stéphanie Guglielmetti entre peu après en sculpture comme on entre en religion. Très vite, elle découvre le monde de l’horlogerie et entretient un dialogue singulier avec ses composants : cadrans, aiguilles, couronnes, boîtiers, roues, tourbillons, ressorts, rubis, platines, pignons … qui deviennent la matière première de ses œuvres. Aucun panthéisme de sa part, comme chez Newton. Stéphanie Guglielmetti est une étoile. Comprenez qu’elle se situe à la croisée des chemins. Artiste, elle développe un travail à la frontière des territoires explorés par l’art cinétique (Calder, Tinguely, Soto…), l’art conceptuel et le spatialisme. Comme Calder, Stéphanie Guglielmetti choisit le mouvement naturel au détriment du mécanique, le souffle plutôt que le moteur et préfère laisser place au hasard, à l’influence accidentelle des masses d’air. Elle travaille la verticalité, avec des pièces nouées sur des fils de nylon, des compositions claires aux rythmes aléatoires, et prolonge l’importance de la transparence avec l’usage du plexiglas pour support. Elle abolit le volume au profit des vides actifs et des plans, et tend vers le monumental depuis 2008. À la manière de Soto, sa répétition du même motif conduit vers une dématérialisation des formes et finalement, son travail échappe au clivage peinture / sculpture.

Ses œuvres mobiles s’ancrent dans la postmodernité. Elles interrogent la transition violente que nous vivons et ses conséquences, tout en affirmant notre capacité à créer un univers personnel en résistance contre elles.

Elles questionnent également l’espace, non comme un vide mais comme un souffle et une durée, une distance qui relient deux objets, deux êtres ou deux phénomènes séparés, lieu de vibration aléatoire et non calculée entre les êtres, d’intensité variable, imprévisible, intervalle qui rapproche et donne du sens. C’est son interprétation personnelle du concept japonais du Ma.

Stéphanie Guglielmetti est née en 1971 à Paris où elle vit et travaille aujourd’hui.    JEAN-PIERRE DELEST