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AGNES VANDERMARCQ

La tendresse

Ce sont de petites histoires, ou des histoires courtes, comme des nouvelles, un genre subtil et raffiné. Il y est question de géographies, d’archives, de lettres oubliées et de cartes postales, de bulletins scolaires et de greniers solitaires... 

 
dimension: 
140 cm x 73 cm

type:

composition / technique: 
tempera grasse & bic sur papier kraft
prix: 
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les oeuvres de cet artiste
 
peinture
Se tenir droites
L'enfance camisole
Sous tes yeux
Les pieds dans l'enfance
dessin
Le petit malade

AGNES VANDERMARCQ

 

" À travers les techniques antiques et les matériaux que j’ai découverts lors d'un séjour de quatre années à Rome, une nouvelle écriture a pris corps dans ma peinture. Depuis je travaille essentiellement la tempera en y mêlant parfois des lettres et documents anciens. Souvent les notions de mémoire et de géographie sont au centre de mes créations. J'aime que la peinture soit d'abord accidentelle, impulsion, lâcher prise. Puis, petit à petit, à pas feutrés, je la retravaille pour qu'elle rencontre les images qui jalonnent mes souvenirs. C'est ainsi que, depuis la série : « De ces lieux », je garde la mémoire, j'utilise certaines de mes anciennes toiles, parfois même leur verso.  Je les découpe, les regarde et décide d'y cheminer … C'est dans ce cheminement que se trouve, à mon sens, l'aventure de la création. Ainsi, au hasard des journées passées dans l'atelier, m'arrive-t-il de me retrouver, une fois le collage ou la peinture finis, en face d'un lieu qui ne m'est pas étranger, que j'ai visité ou découvert dans les mois précédents. Comme si ces paysages se révélaient en douceur, sans me brusquer, à travers mes hésitations et le va-et-vient permanent de la pensée et du geste. Ils sont en moi comme la peinture fait partie de mon quotidien et lorsque trop rarement encore je suis disponible, ils prennent corps....

J'aime également beaucoup l'idée de correspondances. Correspondances entre des histoires anciennes et mon travail actuel de peintre ou de graveur. Dans la série de « gravures collages », il s'agit de la rencontre entre la correspondance d'une couturière des environs de Lamballe et des gravures que j'ai travaillées dans le courant de l'année dernière, à Bruxelles, où je vis actuellement. Quand ces gravures sont nées, je ne savais pas qu'elles croiseraient un jour la mémoire de Mademoiselle Le Bihan... j'aime passionnément ce genre de rencontres. Lorsque ce que je sais, ce que j'ignore et  ce que j'imagine s'entrecroisent et dialoguent ! Les petits textes au crayon à papier sont pour la plupart des extraits des cartes et lettres de cette correspondance. J'aimerais que ce cheminement qui anime ma création laisse aux regards qui croisent ma peinture un espace de liberté suffisant pour y vagabonder à leur gré."

Agnès Vandermarcq

 

Exposition "Contes pour enfants et autre sucrerie..." du 8 au 22 avril 2015

Ce sont de petites histoires, ou des histoires courtes, comme des nouvelles, un genre subtil et raffiné. Il y est question de géographies, d’archives, de lettres oubliées et de cartes postales, de bulletins scolaires et de greniers solitaires. Mais il s’agit également d’un travail sur une mémoire teintée de nostalgie. Celle de l’enfance qui fut et qui n’est plus. L’enfance liée à une époque, à un entre-deux, celui de la boucherie de la Grande Guerre et du spectre de la Seconde. Un temps où l’on panse encore ses plaies en tentant de les oublier ; une enfance tournée vers l’avenir avec les séquelles d’un passé trop proche où les familles se recomposent comme elles peuvent, souvent sans hommes et dans lesquelles les femmes jouent plusieurs rôles, comme les aînés responsables dans les fratries où les plus jeunes peuvent peiner parfois à se frayer un chemin, troupeaux d’enfants pour certains orphelins. Pourtant, la joie demeure et transparaît sur ces visages empreints de gravité parce que les enfants sont aussi des enfants. L’art d’Agnès Vandermacq est là, technique, précis (tempera, gravure et collage) fixé sur ces enfants « échassiers » aux jambes infinies et aux mains fortes. Le trait est sûr, la maîtrise complète et les supports multiples et de taille variée comme ces feuilles grand format de papier kraft qui accrochent le blanc ou ces pages arrachées à un cahier sur lesquelles figurent les ébauches de personnages eux-mêmes témoins d’une vie en espérance. Jean-Pierre Delest

« Tout a commencé par une rencontre, celle d'enfants inconnus, qui m'attendaient peut-être... à la manière de Modiano, cette manière qu'il a de mener une enquête sur des personnages trouvés par hasard, la futilité de cette quête et dans le même temps l'importance qu'elle revêt pour lui. En avril dernier, j'ai trouvé dans une brocante un lot de photos. Clichés d'enfants issus de familles nombreuses, datés 1924 au dos. Au gré de ces photographies, je retrouve ces enfants de l'entre-deux-guerres dans des situations différentes ; je commence à m'intéresser à leur histoire... aux sentiments qui les animent, à leurs liens et affinités ou rivalités, en somme à tout ce qui fait une fratrie. Une envie de comprendre ou d'imaginer leur histoire et à travers eux de raconter l'enfance. Ainsi est née cette série. Viennent ensuite les recherches dans des carnets, les gravures, le besoin de leur associer des paysages, un territoire. Je ne crois pas que l'on puisse parler d'innocence pour ces enfants, au contraire, je crois qu'ils étaient déjà pleins de responsabilités. Les aînés en charge des cadets. C'est ce que je veux montrer avec ces mains très grosses, presque disproportionnées comme pour signifier leur âge adulte avant l’heure. L'enfance n'est pas qu'innocence. Tour à tour, inquiétude, colère puis tendresse et gaieté, nous la portons toute notre vie, d'où ces longues jambes qui entraînent vers et dans le monde des adultes tout en supportant celui de l’enfance. »  Agnès Vandermarcq