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SOASIG CHAMAILLARD

Sainte Cherry

 
dimension: 
21 cm

type:

composition / technique: 
plâtre et peinture acrylique ; statue d'origine non signée
prix: 
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Il s'agit, comme bien souvent dans ce travail, de ramener la femme au premier plan, c'est-à-dire à la première place.

 

SOASIG CHAMAILLARD

 

"Je suis née en 1976 dans une petite ville du Poitou-Charentes, en France.

Pendant toute ma scolarité, j’ai étudié les jouets. Je rêvais d’être tour à tour, chanteuse, styliste, designer de jouets, technicienne en effet spéciaux, designer volume de films d’animations… pour finalement (presque) tout réunir en étudiant à l’école des beaux arts de Nantes. En sortant des Beaux arts en 2001, j’ai expérimenté plusieurs domaines : illustrations, figurines de série, installations murales… puis les saintes vierges sont apparues. Bien que très attirée par l’imagerie religieuse, et ayant travaillé ce thème aux Beaux-arts, je n’avais jamais osé acheter une statue de la vierge Marie.

En 2005, mon père provoqua la rencontre en m’offrant une première statue de sainte vierge. Cette trouvaille, très abîmée, au pied et socle cassés, provenait d’une brocante. Nous nous sommes observées pendant un an avant de nous apprivoiser. Pour aller jusqu’au bout de cette réflexion, je décidais de m’en emparer pleinement en l’associant avec une de mes passions, le Japon. Sainte Geisha était née.  C’était en 2006. Depuis, les « Apparitions » continuent, influencées par mon environnement, ma culture, mes errances sur le web, mes tours en brocantes, mon admiration prononcée des jouets, des poupées, des mangas, des films d’animations… et tant d’autres ! Bien que les statues récupérées ne soient pas des objets uniques, puisque réalisées en séries à l’origine, chacune des statues a une histoire qui lui est propre. On peut imaginer… Elle a eu sa vie, investie d’un pouvoir mystique peut être, posée sur le buffet, à coté de la danseuse de flamenco, elle a vu le gigot du dimanche sur la table, et la balle du chien lui décapiter la tête et puis elle s’est trouvée dévalorisée, vendue pour quelques euros sur une brocante. En la récupérant, je change son destin, je la rends unique, d’une façon différente. Je fais mes expériences, je fais des associations, je m’amuse tout en essayant de donner du sens.  Avec le temps je me suis rendue compte de toutes les émotions que mon travail peut susciter, et si c’est vrai qu’il peut choquer certains catholiques, il peut aussi émouvoir, que l’on soit croyant ou non. Chaque personne a une histoire personnelle avec la foi et de cela dépend la réaction face à mes détournements. Mon travail n’a pas la prétention de d’apporter des réponses. Il soulève des questions, de foi, de femmes, de société, du XXIème siècle. Je donne à voir. Chacun doit se sentir libre de sonder en son intérieur les réponses."

« Il s'agit, comme bien souvent dans mon travail de ramener la femme au premier plan. Je crois qu'on peut dire qu'il s'agit d'un travail assez féministe ! Dans cette optique, la sainte Vierge devient le symbole ultra reconnaissable et respecté de « La femme ». Bien que les statues que je récupère ne soient pas des objets uniques, puisque réalisées en série à l’origine, chacune  a une histoire qui lui est propre. On peut imaginer… Elle a eu sa vie, investie d’un pouvoir mystique peut être, posée sur le buffet, à coté de la danseuse de flamenco, elle a vu le gigot du dimanche sur la table, et la balle du chien lui décapiter la tête et puis elle s’est dévalorisée, vendue pour quelques euros sur une brocante. En la récupérant, je change son destin, je la rends unique, d’une façon différente. Je fais mes expériences, mes associations, et m’amuse tout en essayant de donner du sens. Avec le temps, j’ai constaté les émotions que mon travail suscite. Certains peuvent être choqués, d’autres sont aussi émus, quelque soit leur croyance. Chacun possède une histoire personnelle avec la foi et de cela dépend leur réaction face à mes détournements. Mon travail n’a pas la prétention d’apporter des réponses, il soulève des questions, de foi, de femmes, de société, du XXIème siècle.

Par exemple, dans le cas de Sainte Goku, « Je suis forte » est son message. Ici encore, il s’agit d’une statue de sainte vierge de récupération, restaurée puis transformée. Son allure particulière, avec ses cheveux en pointes, ses sourcils, ses vêtements orange, sa queue de singe, lui vient du personnage San Gokû, créé par Akira Toriyama qui lui donna cette apparence dans le manga Dragon Ball paru dès 1986, lui même inspiré par un roman chinois du XVIème siècle, intitulé « Le voyage en occident ». Le personnage de San Goku est pour moi le symbole de la Force, mentale et physique. La force doublement masculine, puisqu’il a en plus, une queue de singe, qui lui confère une force supplémentaire hors du commun. Parce que je vois trop de héros auxquels on attribue cette force, et trop peu d’héroïnes, je souhaite donner un élan. Je veux voir les femmes revendiquer la force. Et moi aussi, peut-être comme une prière, je désire être cette femme forte. Au japon, on écrit et on affiche, au temple par exemple, les idéogrammes (Kanjis) symboliques, qui expriment les souhaits à réaliser. C’est pourquoi j’ai remplacé le kanji d’origine qui était placé sur le vêtement de San Gokû, par un autre kanji qui se lit « Rin » (prononcer Line) et qui signifie la Force :    »  Soasig Chamaillard