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NICOLAS GUY

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dimension: 
60 cm x 50 cm x 40 cm

type:

composition / technique: 
métal
prix: 
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les oeuvres de cet artiste

Diplômé de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris (1988), mais, comme la plupart des artistes sans doute, son inspiration lui est toute personnelle, issue de l'intime. Ainsi a-t-il vu surgir un jour dans son atelier l'inquiétant troupeau d'arthropodes métalliques exposé ici. Il dit que ce sont des "assemblages" et, en effet, vieux bouts de métaux disparates et déchets industriels soudés à l'arc ont donné le jour à ces êtres terrifiants. Stupéfiante démiurgie ! Si on l'interroge, il prétend, malicieux, ironique peut-être, que ce sont probablement des envahisseurs venus des franges infernales de la Galaxie. Pour preuve, il avance des références tirées de la SF au cinéma, comme H.G. Wells, Giger, Moebius... Mais on devine aisément l'influence d'artistes tels que Tinguely, César, Germaine Richier, ou, en littérature, Kafka, Edgar Poe, Lovecraft...

 

 

 

NICOLAS GUY

 

SÉRIE  DES COLONNES ET DES PETITES SCULPTURES SUR SOCLE

Dans l'élégante galerie germanopratine Caroline Tresca, au 14, rue Servandoni, Paris, Nicolas Guy a déjà exposé deux saisissantes séries de monstres métalliques, objets jamais encore vus auparavant, séries surprenantes et très effrayantes en vérité. Voici maintenant que Nicolas Guy inaugure en ces lieux une nouvelle période créative, laissant à part ses visions cauchemardesques, il en est venu à se consacrer à l'étude d'un art abstrait, non figuratif, de l'art pour l'art cette fois. Ses nouvelles œuvres sont admirables, sans que l'on sache déterminer pourquoi exactement, c'est là le grand mystère de la conjonction de l'art et du regard ! Il indique des influences possibles, Shamaï Haber, Louise Nevelson, César...

Je ne suis pas convaincu, car son travail est par trop personnel, les vrais artistes n'imitent pas, ils ont une expression idiomatique particulière. Il s'agit ici d'une progression dans la création, en trois temps successifs, selon lui. D'abord, ce qu'il nomme des "bas-reliefs", qui s'apparentent à des tableaux, constitués de pièces métalliques juxtaposées, des à-plat que l'on peut accrocher au mur. Puis, ce qu'il nomme des "rondes-bosses", de médianes œuvres métalliques, juchées sur pied, dont on peut scruter chaque face, recto et/ou verso. Enfin, ce qu'il nomme des "édifices", de grandes pièces très lourdes, érigées vers le haut, dont on doit faire le tour pour les découvrir entièrement, impressionnantes sous tous leurs aspects.

Abstenons-nous d'avoir recours à des références, ce serait grand dommage. On ne saurait donc dire de quoi il retourne, s'il était des mots pour l'exprimer, mais nous sommes là face à que l'on nomme l'art, l'art qui subjugue. La lumière, qui joue subtilement sur les rudes éléments conjugués, produit un effet de séduction inattendu, le beau surgit du rugueux. Les formes, expertement assemblées, procurent un sentiment de construction naturelle, comme on en voit dans les cristaux, dans les éléments minéraux de la Terre. Une manière de création cosmique. Et cela est toujours, fidèlement de sa part, le résultat d'un travail du fer, le "26Fe" pur, celui que l'on trouve dans le noyau d'étoiles et planètes, qui a subi découpage, sciage, torsion, fusion à haute température de soudure, ce sculpteur est tel un Vulcain dans son atelier.

Nicolas Guy est l'un de ces artistes sauvages, rebelles à tout, y compris et surtout à être catalogués d'artistes, une étiquette abhorrée, mais voici que son esprit a évolué, une maturation bienvenue sans doute, car il condescend à accepter d'être ce que l'on nomme un artiste, moyennant quoi son travail s'exempte d'être agressif et provocateur, et plonge directement au cœur de l'art, excellente métamorphose ! Précisons clairement que les photographies du site ne peuvent en aucun cas rendre compte de la réalité de ses œuvres, il convient donc de se rendre sur place dans la galerie pour en éprouver l'effectivité.

Jean-Paul Dousse

 

 

 

 

SERIE PRISONS

« Dans ce projet, de la série PRISONS, Il s'agissait d'incarcérer les éléments qui nous étaient présentés les uns après les autres. Les parties en contacts entre chaque pièce devaient être les plus réduites possible tout en restant régulières. On nous demandait d'éviter toute superposition. Il nous fallait prêter une attention particulière aux proportions de chaque volume. Selon le profil de certains éléments on devait envisager de les réunir par des groupes représentant les mêmes particularités. L'objectif final de ce travail visant à se rapprocher d'une texture de densité la plus homogène possible, Il était primordial d'appréhender le programme dans son ensemble et ne surtout pas considérer quelque composant étant comme particulier, voire unique. La plupart des promoteurs a rapidement abandonné, ceux qui ont persévéré sont devenus fous. » Nicolas Guy

 

SÉRIE DES OURANIENS

L'artiste retient en lui l'analogue d'une telle incandescence, d'évidence torturante, et je crois qu'il se délivre de ses démons chtoniens, divinités infernales, en les immobilisant, les figeant, les statufiant en figures métalliques de cauchemar, enfin assagies sur l'établi de l'atelier dans la fumée et l'odeur acide de fer en fusion...

N.B : les ouraniens ont été construits comme des modules de la série xtr0,

- 013 ou 014 correspond à l’ année de leur conception

- le chiffre 01, 02....correspond à leur ordre chronologique de création

- td, (tentacule drive), fait référence au nombre de tentacule dont ils sont dotés pour se mouvoir

Alors qu'on me permette de suggérer que ces créatures ne proviennent nullement des lointains galactiques, mais des insondables profondeurs mentales de l'artiste. On sait que le cœur de la Terre est un noyau solide de fer-26 porté à plus de 5000° C, je crois que l'artiste retient en lui l'analogue d'une telle incandescence, d'évidence torturante, et je crois qu'il se délivre de ses démons chtoniens, divinités infernales, en les immobilisant, les figeant, les statufiant en figures métalliques de cauchemar, enfin assagies sur l'établi de l'atelier dans la fumée et l'odeur acide de fer en fusion, protégé par son masque de soudeur. La vie d'artiste peut être un calvaire, je ne souhaite qu'à mes meilleurs ennemis d'en endurer les jours, d'en traverser les longues nuits. Ces monstres puissants venus du ventre du monde sont indescriptibles, ce n'est qu'en explorant cette galerie numérique que le visiteur pourra se pénétrer de leur belliqueuse présence...      

Jean-Paul Dousse