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GÉRALD FOLTÊTE

Mémoire 6/6, E. Chillida

 
dimension: 
116 cm x 81 cm

type:

composition / technique: 
encre de Chine et collage sur toile, transcription au format "Raw" de la photographie
prix: 
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les oeuvres de cet artiste

(…) Foltête a pris son nom au pied de la lettre. Plasticien du sensible, il calligraphie ses lectures. Les livres de Victor Hugo, Stephan Zweig, Nicolas Gogol, Virginia Woolf, Richard Brautigan…, se calligraphient en intégral sur des toiles parchemin. La coulure de l’encre sèche, la rature s’impose, la tâche se révèle. L’oeuvre picturale donne corps au manuscrit et l’inscrit dans un paysage unique. 

 

GÉRALD FOLTÊTE

 

"Bien que travaillant mon art depuis plus d’une décennie, j’ai commencé à l’exposer depuis 2012. Mon travail traite principalement de la liberté, du tourment, de la solitude et de la recherche de l’équilibre entre les infinis. Récemment, je me suis rapproché de certains grands écrivains, pour la plupart tourmentés, tels Victor Hugo, Nicolas Gogol, Fedor Dostoïevski, Richard Brautigan, Virginia Woolf etc. en recopiant certains de leurs écrits de façon à mieux pénétrer leurs textes et par la même leurs solitudes et leurs tourments. Je réalise ensuite une œuvre autour de chaque texte. Le but de mon travail n’est pas d’illustrer naïvement ces textes majeurs, mais d’en faire ressortir la puissance par l’utilisation de matières, de textures et de formes. Ayant été alpiniste et connaissant le bonheur de la solitude, (lequel explose lorsqu’on est au sommet), je m’attarde à recréer ces moments qui peuvent générer l’extase, une sorte de mélancolie dans le sens défini par Victor Hugo : « la mélancolie, c’est le bonheur d’être triste ». Mon travail est d’expérimenter, de rechercher et de trouver des leviers permettant de comprendre les mécanismes de cette mélancolie et de les transcrire en œuvres d’art."  Gérald Foltête

 

Gérald Foltête, vu par Michel Crance. « La Couleur de l’Infini » 

Pour croquer le portrait d’un artiste authentique comme Gérald Foltête, dans le respect de son originalité artistique et de son mystère créatif, nous pouvons suggérer de revenir à ses sources, à son enfance vivace, à sa galaxie, à l’origine de son monde. Né à Besançon le 27 mai 1966 dans la région du poète romantique Charles Nodier, du géant Victor Hugo, des grands frères Lumière, Foltête nourrit sa sensibilité dans cette ville, au pied des montagnes arrondies du Jura, à l’ombre projetée de la citadelle de Vauban, et le long des arabesques du Doubs. Les courbes de niveau des cartes d’état major forgent la mémoire du marcheur, aiguisent sa perception de l’horizon et du plan vertical. L’artiste en herbe de 12 ans d’âge, à quelques pas d’Ornans, retrouve les traces de Gustave Courbet et découvre l’ivresse de la peinture. Plus tard, Foltête poursuivra sa quête en enfourchant la monture  Dadaïste. La mélancolie blanche et joyeuse des Hautes-Alpes le saisit. Les roches se colorent en noir d’ivoire, surgissent de la matière brute de la toile, restituent ces instants lumineux d’alpinisme. La musique réveille ses sens, le cinéma l’appelle dans ses images mobiles et nourrit le dynamisme de ses créations cinétiques. Son appareil photo ne le quitte pas et les variations multiples du noir et blanc s’invitent sur ses toiles. Foltête a pris son nom au pied de la lettre. Son fol imaginaire s’avance sans idée préconçue. L’hélice du désir le guide dans le déséquilibre de ses compositions emportées dans l’infini de l’espace. Des femmes de belle époque, dans leur nudité stylisée, s’avancent en funambule dans des paysages mystérieux, aériens et maritimes, de bleu d’outremer et de cobalt. Foltête, c’est aussi un plasticien du sensible qui calligraphie ses lectures. Pour exemple, le texte de Victor Hugo, « Le dernier jour d’un condamné », se verticalise en écriture minuscule sur une unique toile. Au premier plan, le cerveau d’or de Victor résiste à un étau en fonte et l’espace pictural construit sa troisième dimension sur 50 cm. Les livres de Stephan Zweig, Nicolas Gogol, Virginia Woolf, Richard Brautigan…, se calligraphient en intégral sur des toiles parchemin. La coulure de l’encre s’ache, la rature s’impose, la tâche se révèle. L’oeuvre picturale donne corps au manuscrit et l’inscrit dans un paysage unié. Une création n’est jamais close tant que le regard, la parole, l’interpellent, la font vivre et se mouvoir. Le riche imaginaire de Foltête vibre à la plus petite injonction, son érotisme aérien est d’une tendre impertinence. C’est en peignant, sculptant, transcrivant que l’artiste Gérald Foltête nous invite au voyage du regard mobile, à la quête de notre inni intime dans ce cosmos de l’humain. L’artiste nous suggère dépasser nos limites. Rencontrer ce poète de l’espace-temps, c’est s’aventurer au plus près de notre vibration sincère de l’instant.