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27 Juin 2015

EXPOSITION de MARIE PIERRE MOREL et de TIEN WEN du 4 au 18 septembre 2014

MARIE PIERRE MOREL

« Le fil du Japon : … dans la forêt, seule, j'ai suivi la trace de ces moines poètes, flânant, armés d'un carquois de pinceaux et d'une fiole d'encre, protégés de la pluie par un manteau de papier. Ils suivaient  les traces d'autres poètes, d'autres temps, méditant et écrivant au gré de leur humeur, suivant les nuages. Rêve éveillé, infinie contemplation…

C'est ce fil noué à l'autre bout du monde que je continue de dérouler avec des photographies au sténopé ou des monotypes. Le sténopé est une sorte de « boîte de mélancolie » donnant des images étranges pour peu qu’on la tienne serrée contre soi, un appareil archaïque qui écrit avec la lumière le plus simplement possible : prise de vue aléatoire sans visée et pose minimale de 15 secondes en plein jour : photo de hasard, impressionniste, qui transforme le réel. Je rassemble ensuite des moments écrits et photographiés en graffitant mon papier, transformant mes maux en mots, mes humeurs en haïkus plus ou moins lisibles. 

Les tirages sont réalisés sur papier « washi » avec une imprimante utilisant des encres pigmentaires à partir de négatifs 4x5 ou 20x25 inches. Ils sont scannés pour être associés aux textes écrits à l'encre de chine et à l'or directement sur le papier avant le tirage.

Les monotypes sont tirés sur un papier « washi » japonais ou sur velin BFK Rives avec des encres « taille douce ». Monotypes et photographies sont présentés épinglés dans des boîtes d'entomologiste de différentes dimensions. » Marie Pierre Morel

 

TIEN WEN

Tien Wen est née en 1963 à Taipei (Taïwan). Elle grandit dans le respect des arts et de la culture chinoise traditionnelle, dans une société taiwanaise bouleversée, profondément marquée par la triple présence chinoise, japonaise et occidentale.

Diplômée de l’Académie Nationale des Beaux Arts de Taïwan, elle s’installe en France et découvre le travail de la terre comme pratique artistique totale. Dès lors, Tien Wen suit des cours d’initiation, participe à des stages de cuisson et de raku en approfondissant sa technique en autodidacte.

Depuis, elle poursuit une recherche de style et d’expression graphique épurée, aux lignes simples et proches du matériau. Son travail gagne patiemment en force, puissance et profondeur, révélant une vision aiguisée du signe et une énergie brute contenue par une sensibilité remarquable.

 

« En Asie, le vide vaut le plein, un signe peut changer la forme et la forme peut transformer le signe. Je ne sais pas pourquoi je choisis telle forme. Je la sens lentement exister au moment où je commence à projeter en moi la ligne que je lui ferai porter. Il y a un rapport à l’énergie ce travail, entre découvertes des forces vitales et libre expression de soi. » Tien Wen

 

« Tien Wen exprime une volonté de dépassement des formes traditionnelles. Ses lignes empruntent aussi -inconsciemment- à l’art concret occidental. C’est une recherche en limite d’équilibre et de stabilité dans la création de questions sans réponse qui invitent à la méditation tout en nous soumettant au débat têtu de la réalité de la forme. »

Jean-Michel Benech, (journaliste et critique d’art, collabore régulièrement aux magazines Artension et Art Dans l’Air)

 

« Il y a deux ans, c’était au cœur de l’été, j’ai eu un choc important quand j’ai découvert deux céramiques de Tien Wen alors que je m’intéresse rarement à la céramique. Mais il y avait autre chose, une lumière et une présence d’âme très fortes. J’ai senti que j’avais affaire à une œuvre absolument unique et j’ai acquis ces deux pièces. Très souvent, lorsque j’ai été ébloui au départ, j’éprouve de la déception par la suite. Avec les pièces de Tien Wen, rien de tel : ça reste aussi présent et lumineux qu’au départ. »

Piet Moget (peintre luministe d’origine flamande, collectionneur, fondateur du Lieu d’Art Contemporain (L.A.C.) - Narbonne)

 

23 Juin 2014

CHRISTINE MILLER & EMMANUEL BAZIN À LA GALERIE CAROLINE TRESCA ! du 12 au 25 juin 2014

Le travail de Christine Miller montre des corps en tension dans le franchissement d’un espace, ils pourraient simplement signifier un ultime saut à la limite du possible, comme un signe reconnaissable de nos potentiels cachés. Mais au-delà des apparences, le sculpteur parle également du voyage intérieur, que l’on entreprend avec le désir de créer, car ces corps sont des passeurs qui, d’une rive à l’autre, rappellent notre origine et notre part d’immatériel. L’espace et le corps, sujet privilégié de la sculpture, deviennent ici une porte sacrée où la lumière appelle à la transparence et invite au voyage. Mais, ne nous trompons pas ! Le sujet cache une autre question plus grave, celle que posait déjà Gauguin, qui sommes-nous, où allons-nous, ces thèmes éternels sont toujours présents dans l’acte de création et guident le travail actuel de Christine Miller. Alain Fenet

 

« Mes sculptures s’expriment par une écriture de corps en tension dans l’espace et portés vers une recherche d’absolu. Moments suspendus de vie, ces créations, fortes et fragiles à la fois, restent figuratives, mais tendent vers une épuration des formes. J’aime travailler des matières aussi différentes que le métal, la résine, le marbre ou encore la terre, la cire, le plâtre… pour aboutir éventuellement au bronze. Elles sont autant de sources d’inspiration et de créations différentes. L’être humain reste le centre de mes préoccupations. » Christine Miller

 

 

Fluides insolites

« L’eau, durable obsession, inépuisable source esthétique et physique. Je traque ses formes, son langage, depuis les signes les plus bruts jusqu’aux dessins les plus élaborés. Mes images naissent des courants, elles racontent les forces qui animent les êtres et les choses, celles qui sculptent les paysages et engendrent des formes familières. Chaque rencontre est un instant magique, fugitif, soumis au caprice d’un nuage ou aux sursauts du courant. Après une longue approche je vois s’ordonner des écheveaux qui empruntent leurs couleurs au ciel et aux taillis. Un motif apparaît, palpite, se déforme, nerveux en hautes eaux ou languide par temps calme ; puis il se fond et disparaît, évanescent.

Mes images sont à contre-courant, intemporelles. Leur actualité foisonnante nous échappe. L’eau coule dans notre verre, sous la douche, dans un bois ; mêmes formes à portée d’oeil… et pourtant, leur vue surprend. Elles feignent d’ignorer l’homme qui pourtant s’y trouve partout.

Ces dessins abstraits ouvrent la porte de l’imaginaire ; ils jalonnent nos échappées rêveuses de courbes dansantes vers un coin de paradis entrouvert à chacun selon son regard.

Derrière le chaos bouillonnant, un ordre modèle des formes simples ; seules leurs combinaisons sont complexes. On peut s’émerveiller de leur pureté initiale et se laisser envoûter par l’élan créatif imprévisible » Emmanuel Bazin

23 Juin 2014

LA PISCINE MOLITOR À LA GALERIE CAROLINE TRESCA ! du 13 au 20 mai 2014

Gilles Rigoulet a débuté dans la presse. Il fut le premier photographe attitré du journal « Le Monde » avec lequel il collaborera pendant plus de 20 ans. Il en tira d'ailleurs « Portrait d’un quotidien » avec le photographe Henri Cartier-Bresson. Robert Doisneau le présente dans un portfolio de la revue Photo-magazine. Voici pour ses titres de noblesse. Sollicité par de nombreux quotidiens et magazines de la presse nationale, il n'en développe pas moins un travail personnel à travers ses voyages et rencontres.

« En 1985, j’ai réalisé une série d’images en n&b sur la piscine Molitor*. Cette série fait partie d’un travail réalisé pendant vingt ans sur le corps et l'eau, dans les piscines de France et du monde.

La quarantaine d'images proposée ici est un témoignage unique de l'après guerre à la fermeture de la piscine en 1989. Unique également du fait de pouvoir effectuer des photos aux yeux de tous et sans autorisation particulière. Mon appareil photo se promenait au ras et sous l’eau sans effrayer qui que se soit. Certaines de ces images serviront d’éléments de décoration et seront intégrées au nouveau Molitor, un complexe hôtelier de luxe aménagé autour de la piscine, comprenant un hôtel de prestige, un spa, un restaurant, un centre de conference, un club privé…»

Gilles Rigoulet

 

* Quelques unes de mes images de Molitor ont fait partie d’une exposition à la piscine Deligny et d’un livre collectif réalisé par Christian Caujolle pour la fédération française du Prêt à porter féminin en 1986, « VIVRE EN MAILLOT DE BAIN » avec Henri-Cartier Bresson, Joseph Koudelka, Marie-Paul Negre, Marc Riboud, Claude Nori, William Klein, Helmut Newton, Jean Loup Sieff, Jacques-Henri Lartigue, Mary Ellen Marck, Franco Fontana,

 

Construite en 1929 par l’architecte Lucien Pollet, la piscine Molitor, érigée dans le pur style “Art Déco”, fut l’un des fleurons du patrimoine architectural du XVIème arrondissement de Paris. Fermée depuis 1989, ce joyau du loisir public va ouvrir à nouveau ses portes lundi 19 mai 2014 !  Surnommée “le paquebot blanc”, elle a marqué la vie parisienne à multiples reprises, comme en 1946 avec la révolutionnaire première apparition du bikini. Depuis, l’eau a coulé dans les pédiluves. Laissée à l’abandon depuis plus de vingt ans, la piscine Molitor était devenue peu à peu un grand squat dédié au street art ne laissant rien deviner de son ancienne splendeur. 

 

“Avant, on courait et on faisait des bombes, on roulait son maillot une pièce sur les hanches et on s’en grillait une après le bain, les doigts encore humides. Il y a trente ans, dans les piscines municipales, les normes - de sécurité, d’hygiène, esthétiques - n’étaient pas les mêmes : il y avait des plongeoirs, des cheveux et des seins nus partout. « C’était l’époque des piscines plaisir. Des lieux extrêmement vivants, ludiques, où l’on venait passer un moment très convivial. Les enfants sautaient, les femmes en faisaient un peu trop, ça draguait dans tous les coins. C’était la vie. », résume Gilles Rigoulet.

Au milieu des années 1980, le photographe entame un travail au long cours sur le corps et l’eau. Il arpente alors les mythiques piscines parisiennes Molitor et Deligny, saisissant du bord et sous l’eau le corps des baigneurs (sans provoquer le moindre haussement de sourcil : avant, il n’y avait pas de réseau social et de crispation autour du droit à l’image). Ces instantanés en noir et blanc captent – souvent simultanément – le rythme à deux temps du plaisir aquatique : corps immobiles bronzant consciencieusement ; les autres qui plongent, glissent, éclaboussent.

Quatre ans après ces clichés, en 1989, Molitor, insalubre, ferme ses portes. Après ? Après, les slips moulants et les bonnets de bain sont devenus obligatoires dans les piscines municipales. Forcément l’air du temps y paraît moins sympathique…”

 

Julie Pecheur, in Le Monde M  du 3 mai 2014

03 Mai 2014

EXPOSITION ABEN du 27 mars au 12 avril 2014

Aben plonge ses pinceaux dans les couleurs de ses humeurs, brutales, tendres, sombres ou optimistes. Il puise son inspiration dans les traces de passage de nos vies restées sur les murs délabrés de nos villes. Murs lézardés ou éventrés, papiers peints lacérés et graphitis divers, objets abandonnés, tous s’exposent à ses yeux comme des échos oniriques et poétiques de vies qu'il s’attache à révéler, tous comme des œuvres accrochées aux cimaises d’une galerie d’art à ciel ouvert. Aujourd'hui, les stigmates de la rue ressurgissent sur ses toiles comme arrachées à des ruines. Construits comme des fragments de murs ses tableaux laissent apparaître par rehaussement, grattage, repentirs, les traces fantomatiques de notre passage. Une émotion comme un refrain graphique familier, témoin d’un art intemporel hors des tendances spectaculaires et des discours de l’art d’aujourd’hui. 

07 Mars 2014

EXPOSITION FREDERIC CHOISEL du 06 au 20 MARS 2014

À onze ans, Frédéric Choisel commence à prendre ses premières photos avec un vieil appareil Pentax. Cela le conduit quelques années plus tard à l'Ecole Supérieur d'Etudes Cinématographiques de Paris. Diplôme en poche, il a le privilège de travailler avec le peintre Gaétan de Rosnay dont le style post-impressionniste et l’enthousiasme communicatif pour la peinture a une influence certaine sur ses recherches artistiques. Le peintre l’incite à explorer la peinture classique, à étudier la lumière et les formes dans les peintures hollandaises et espagnoles du XVIIe siècle ainsi que chez des artistes français comme Delacroix, Courbet, Chardin ou Corot. L'œil se forme, la main trouve sa discipline.

Installé à San Francisco, Frédéric Choisel entame une carrière dans la production audiovisuelle avec une soif insaisissable d’images qui l’éloigne de la peinture dont le contact, la sensualité, la dimension physique, la matière propre, absents du monde de la photographie ou du cinéma finissent par lui manquer. Il commence donc à mêler son expérience photographique avec ses premières peintures dans un style classique, très réaliste. Puis, il s’approche des expressionnistes abstraits, attiré par les travaux de Cézanne et plus particulièrement ceux de Kooning et de Staël.  Son travail s’affirme. Une rigueur qui le conduit à être régulièrement exposé en Californie et plus particulièrement à San Francisco. Ses œuvres sont aujourd'hui présentes dans des collections privées à Paris, à Londres et dans de nombreuses villes des Etats-Unis. 

Aujourd’hui, dans une partie importante de son travail demeure l'idée de « passage » puisque pour Frédéric Choisel la réalité reste la combinaison de tentatives variées pour comprendre et représenter le monde. Ainsi, sa nouvelle série florale abstraite appelée "Akua" (en référence au dieux des îles océaniques) distille de la force, une beauté plastique indéniable, mais également une dimension de plénitude qui s'approfondit avec le temps passé en sa présence.

Une manière spécifique d'entrer dans la peinture en créant de nouveaux espaces où l'abstraction est un mouvement qui éloigne d'abord et libère ensuite l'esprit des idées préconçues.

 

« Pour moi, la peinture est un moyen d'apprendre deux choses à propos de soi-même : émotion et limitation. C'est un dialogue constant entre elle et moi. « Push and pull » est l'histoire de ce processus. C'est une force qui écrase souvent ma volonté, mais c'est un voyage que j'endure, lequel me  pousse à exprimer la complexité de l'expérience humaine, souvent tiré vers l’humilité. La peinture reste toujours victorieuse, et j'en reconnais le pouvoir.  L’Art, finalement, est le résultat de ce que vous êtes, et non nécessairement celui de ce que vous savez. »

Frédéric Choisel

 

 

21 Février 2014

EXPOSITION SERGE BIENABE LUNDI 10 FEVRIER 2014

Avec plus de deux ans de retard sur le calendrier prévu, les travaux de démolition du centre - bus RATP Lagny-Pyrénées ont été enfin lancés. Les barrières de chantier autour du dépôt routier - deux hangars centenaires étalés sur près de 10.000 m2 au sud du XXe arrondissement de Paris – ont été posées en janvier 2012.

Elles ont recouvert définitivement quelques centaines de mètres de façades laissées au bon soin de graffeurs et autres artistes de rue qui pendant plusieurs mois ont su exploiter cette manne publique pour exprimer leur art où chaque œuvre venait couvrir la précédente avant de se voir couverte à son tour.

Aujourd’hui, entièrement disparu, c’est ce travail unique, mémoire d’une œuvre éphémère, que Serge Biénabé a surpris et photographié avant de l’imprimer sur Plexiglas.

Exposée à la galerie caroline tresca, lors d'une soirée, unique elle aussi, une vingtaine de ces œuvres est toujours visible à la galerie.

 

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